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Mémoire de vague marque pour Denis Cohen
un retour à la forme chambriste purement instrumentale, après
une longue période dominée par la voix et l'orchestre,
aboutissant à l'opéra. La formation très inusitée
de ce quintette met en présence un bois, deux cuivres et
deux cordes. L'alto a un rôle prépondérant presque
tout au long de la pièce. La fonction de polariser le discours
sur une voix soliste est une constante dans les oeuvres de Denis
Cohen, notamment dans les neuf cercles d'Alighieri pour soprano
et orchestre. Le soliste est médiateur entre la complexité
compositionnelle et l'écoute immédiate. La première partie, plus développée est marquée par l'alternance de textures souples et mouvantes de l'ensemble et d'inserts solistes de l'alto, traits d'une grande vélocité, à la limite du possible, pulsés par les accents des vents et de la contrebasse. Le principe d'alternance se retrouve dans les changements constants de tempi. Des accords réguliers propulsent l’œuvre dans sa deuxième partie. Une polyphonie bruissante de notes répétées crée un dépaysement sonore. L'écriture progresse alors vers une scission en deux groupes homorythmiques; ce dispositif est interrompu par le retour des percées du soliste. Le gel des autres instruments sur un accord permet l'essor d'une cadence de l'alto. La troisième phase se caractérise
par un traitement plus global. L'alto, toutefois, s'individualise
encore par ses figurations propres, tandis que le reste du quintette
se souvient des formulations qui ont jalonnée la pièce
depuis son commencement. L'écriture se densifie, puis cède
en intensité laissant l'espace aux phrases lyriques de l'alto
en sourdine. L’œuvre s'apaise finalement dans la douceur. Michel Rigoni. |
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