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Nono confiait à Cacciari à propos de Wagner :les
leitmotivs ne sont pas des variations mais des présentations
d'autres possibles. Mallarmé dit que l'on ne fait pas de la poésie
avec des idées mais avec des mots. Autant dire qu'elle offre
un aspect concret, une corporalité décrite dont la
chair est le mot, ce mot qui en suspend la pesanteur naturelle,
le renvoie à une catégorie de pensée plus abstraite.
Certains poètes procèdent inversement, qui sont plus
influencés ou stimulés par un contexte historique
singulier. Comme dit Starobinsky, Mallarmé se donne pour tâche (tâche de la poésie) « d'instituer l'idée (la notion pure) qui sera mise sous la garde de la langue et des signes ». Il s'agit bien d'un mouvement du concret vers l'abstrait. À l’inverse la musique procède plutôt à l'envers, si l'on soutient que le concret est l'univers des signes d'une partition que l'on doit bien produire avec une certaine logique d'engendrement qui en fait sinon un langage, du moins une grammaire. Comme l'on part donc du poème réalisé, de cette abstraction supposée, à la limite le problème du sens est second, c'est simplement lui que l'on croise dans la concrétude du mot durant l'opération d'écriture. Une métaphore spatiale de ce mouvement est présentée à partir de la mesure 136 de Voile Voile, pour cinq instruments et une partie électronique,
propose une opération de lecture (pratique désespérée
disait M.) du texte « La chevelure » de S. Mallarmé
dans le cadre des valeurs de durées attribuées arbitrairement
à deux vers du « coup de dés ». Autrement
dit, le « coup de dés » est à l'origine
de l'architecture, la chevelure est une insertion linéaire
dans cet espace organisé. D. Cohen |
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