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L'utilisation d'un texte et de la voix chantée
(ou parlée) dans une trame musicale peut obéir à
deux modèles opposés mais complémentaires : Dans cette « Cantate » , c'est la construction interne de chaque strophe, le verbe et ses intentions, ses résonances, qui a stimulé un choix d'écriture. J'ai exploité dans cette oeuvre ce que j'avais
appelé « ambitus de temps » dans le concerto
de chambre « Transmutations » ; chaque séquence
observe un rapport de durée et de tempo déterminé,
mais, au lieu que ces tempi et durées soient dans une relation
d'or permutée par deux (Transmutations), ils sont ici choisis
en fonction de l'espace suggéré par le texte, le lieu
réclamé par le poème. La dimension directionnelle du déroulement (son anticipation possible dans le temps) est donc totalement déterminée par l'ordonnancement du texte ; certaines structures en arrière -plan dans le « poème écrit » apparaîtront plus en avant dans la réalisation musicale. D’autre part, il y a dans ce texte une constante
structurelle qui frappe dès la première ligne : D'autres formes obliques ou décalées servent également à donner espace au sens des mots, leurs respirations devant s'imbriquer en retour dans le contexte musical. L'identité musicale est axée ici non sur une polarisation permanente (rôle du thématisme ou même des motifs mélodiques qui « tissent » le temps), mais sur toutes les composantes mises en jeu à l'instant même de l'énonciation du texte poético-musical, de telle sorte que les matériaux « théoriquement équiprobables » , seront déduits au cours de la composition ; seront éliminés certains éléments, d'autres transformés ; la polarité d'un quelconque paramètre sera appariée à une idée matrice du texte. L'éventuelle fusion poème-musique
est à chercher dans le flux du sens, le moteur du verbe,
davantage que dans la réalisation, ici aphoristique, de l'intention
poétique, la traduction française ne pouvant en donner
qu'une approximation.
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